Disjecta Holmesiana

L'holmésologie, les études et les sociétés holmésiennes.

Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Sat Mar 27, 2010 10:53 am

[dans ce sujet quelques notes variées sans importance]

Le Canon comme anti-dépresseur

A la lecture de l'Epître sur le moyen de chasser les tristesses, il me semble que le grand Al-Kindi a oublié de mentionner la pratique de la lecture du Canon en vue d'une vie agréable. Je vous propose l'expérience suivante : tombez en dépression et au lieu de subir l'angoisse et la peine, de vous faire prescrire des séances de sismothérapie, allez consulter un certain Dr. Watson. Il vous prodiguera ses bons soins par l'intermédiaire de ses écrits. Plongez-y la tête la première. Vous y découvrirez tout un univers au travers de 56 nouvelles et 4 romans. Un univers de joie, de rencontres, d'énigmes et d'amitié. L'alternative à cette expérience maladive, qui pourra sembler déplaisante à certains, peut être prise en charge en amont. La lecture assidue du Canon devient alors une véritable prophylaxie. N'attendez plus les affres du négatif, Holmes & Watson vous attendent déjà à l'hôpital St Bartholomew.
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Sun Mar 28, 2010 11:19 am

Watson avait-il des chaussures à scratch ?

Qui ne porte pas réguliérement des "tennis", des "baskets", des chaussures de sport quoi ? A la fin du siècle précédent, le port des ces modèles s'est démocratisé au point que certaines questions d'ordre criminalistique surgissent. En effet "un cambriolage exige des semelles souples" dixit le Lieutenant Columbo (Meurtre à l'ancienne #6.2), et Holmes en sait quelque chose. Dans CHAS, il pose la question suivante, qui révèle plus d'un détail podologique, à Watson : - "Have you a pair of silent shoes ?" Et le docteur de répondre : - "I have rubber-soled tennis shoes." Alors en route pour cambrioler le pire habitant de Londres : Milverton, le maître-chanteur.
Nous n'irons pas jusqu'à envisager l'hypothèse, à première vue absurde, que la démocratisation du port de semelles souples va de pair avec celle de la pratique du cambriolage, ce fâcheux sport des villes et des campagnes. Mais finalement qui pourra répondre à cette lancinante question qui hante nos nuits - les "tennis" de Watson, étaient-elles à scratch ou bien à lacets ?
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Alexis Barquin on Sun Mar 28, 2010 12:09 pm

Holmes & Yo-Yo wrote:[dans ce sujet quelques notes variées sans importance]

Le Canon comme anti-dépresseur

A la lecture de l'Epître sur le moyen de chasser les tristesses, il me semble que le grand Al-Kindi a oublié de mentionner la pratique de la lecture du Canon en vue d'une vie agréable. Je vous propose l'expérience suivante : tombez en dépression et au lieu de subir l'angoisse et la peine, de vous faire prescrire des séances de sismothérapie, allez consulter un certain Dr. Watson. Il vous prodiguera ses bons soins par l'intermédiaire de ses écrits. Plongez-y la tête la première. Vous y découvrirez tout un univers au travers de 56 nouvelles et 4 romans. Un univers de joie, de rencontres, d'énigmes et d'amitié. L'alternative à cette expérience maladive, qui pourra sembler déplaisante à certains, peut être prise en charge en amont. La lecture assidue du Canon devient alors une véritable prophylaxie. N'attendez plus les affres du négatif, Holmes & Watson vous attendent déjà à l'hôpital St Bartholomew.


Attention toutefois ! Lire le Canon en Français, voire même en version bilingue, peut provoquer un agravement de l'état dépressif !
Je me souviens avoir sombré dans un état léthargique après avoir appris la sortie de "Étoile d'argent et autres nouvelles" aux éditions Folio bilingue.
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Alexis Barquin on Sun Mar 28, 2010 12:12 pm

Holmes & Yo-Yo wrote:Watson avait-il des chaussures à scratch ?

Qui ne porte pas réguliérement des "tennis", des "baskets", des chaussures de sport quoi ? A la fin du siècle précédent, le port des ces modèles s'est démocratisé au point que certaines questions d'ordre criminalistique surgissent. En effet "un cambriolage exige des semelles souples" dixit le Lieutenant Columbo (Meurtre à l'ancienne #6.2), et Holmes en sait quelque chose. Dans CHAS, il pose la question suivante, qui révèle plus d'un détail podologique, à Watson : - "Have you a pair of silent shoes ?" Et le docteur de répondre : - "I have rubber-soled tennis shoes." Alors en route pour cambrioler le pire habitant de Londres : Milverton, le maître-chanteur.
Nous n'irons pas jusqu'à envisager l'hypothèse, à première vue absurde, que la démocratisation du port de semelles souples va de pair avec celle de la pratique du cambriolage, ce fâcheux sport des villes et des campagnes. Mais finalement qui pourra répondre à cette lancinante question qui hante nos nuits - les "tennis" de Watson, étaient-elles à scratch ou bien à lacets ?


La bande auto-agrippante (VelCro) a été inventée en 1948 par Georges de Mestral... et brevetée en 1951(wikipedia).

Donc moi je dis "lacets" !
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Sun Mar 28, 2010 9:33 pm

Merci Alexis de m'avoir délivré d'un doute pesant :-D
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Ennola on Mon Mar 29, 2010 4:04 pm

Le canon comme anti-depresseur bien sûr, mais les pastiches peuvent plonger dans un abysse de douleur et dépression =D
"Holmes comme moi avait une faiblesse pour le bain turc. C'était dans la vapeur d'une chambre chaude que je le trouvais le moins réticent et le plus humain." ILLU

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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Tue Mar 30, 2010 8:14 pm

Watson et le tragi-comique

Les moteurs de recherche sont de vagues succédanés du "Good old Index" de Holmes (SUSS). Pourtant, il en est un qui est, pour notre plus grande joie, totalement consacré au Canon. L'index Searching for Sherlock, utilisé occasionnellement par le laboratoire de microsociobiologie alimentaire de la SSHF, en vue de recherches de sociométrie mathématique sur certains mots-clés, a révélé qu'il y a 92 occurrences du mot 'tragedy' au sein du Canon contre deux seulement pour 'comedy'.

J'en profite pour vous fournir le passage où ces deux termes sont conjoints (3GAR) :

"It may have been a comedy, or it may have been a tragedy. It cost one man his
reason, it cost me a blood-letting, and it cost yet another man the penalties of the
law. Yet there was certainly an element of comedy. Well, you shall judge for
yourselves."

Ce qui est à rapprocher de l'entrée en matière de SPEC :

"On glancing over my notes of the seventy odd cases in which I have during the
last eight years studied the methods of my friend Sherlock Holmes, I find many
tragic, some comic, a large number merely strange, but none commonplace; for,
working as he did rather for the love of his art than for the acquirement of wealth,
he refused to associate himself with any investigation which did not tend towards
the unusual, and even the fantastic."

Outre ses notes accumulées pour la rédaction des différentes aventures, Watson a utilisé des références livresques issues de divers horizons. Ainsi, succombant à la même manie comparatiste qu'Eugène Piff-Pouff dans sa Psychologie de Vatson[sic], je ne résiste pas à voir, pour ce qui nous occupe ici, une influence prononcée de la lecture de Platon et notamment du Banquet (223d) - en effet pour Socrate "c'est au même homme qu'il convient de savoir composer des comédies et des tragédies, et que l'art qui fait le poète tragique est aussi celui qui fait le poète comique."

Et qui est cet homme pour nous ? si ce n'est notre bon vieux Dr. Watson.
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Wed Mar 31, 2010 8:00 pm

I don't understand house music

Hier matin déjà je me levais en apprenant, à mon grand désepoir, que Moriarty était communiste et que toute sa vie durant Holmes a guerroyé contre les tenants de cette doctrine*. J'aurais plutôt vu Moriarty en DJ de House Music. Mais bon passons.
Revenons au sujet de cette note (qui d'ailleurs n'a rien à voir avec la house music); à savoir que ce matin même j'ai appris avec horreur que, tenez-vous bien, le Dr. Watson a été victime d'un meurtre. C'est un logicien polonais qui nous fait part de la nouvelle dans les colonnes du Journal of Philosophical Logic**. Et vous n'allez pas le croire : le meurtrier de Watson n'est autre que l'assassin de l'Inspecteur Lestrade*** : "Dr. Watson was killed by the killer of Inspector Lestrade". Le mobile du crime est des plus infâmes : "The murder of Watson was inspired by a person who was extremly irritated by his permanent stupidity".
De quoi en rester bouche bée. Mais ce n'est pas nécessairement faux. Je préfère croire que cette déplaisante nouvelle est une vérité relative qui ne vaut que dans une certaine structure. Nous adopterons donc face à ce scoop une position de réalisme modéré : les mondes possibles sont des états possibles du monde réel, des manières dont les choses auraient pu être, ou des histoires alternatives de notre monde. Mais seul le monde actuel ou réel existe. Ainsi

"Il est possible que Watson a été tué par l'assassin de Lestrade"

sera paraphrasé comme,

"Il y a un monde possible m dans lequel Watson a été tué par l'assassin de Lestrade est vrai"

L'honneur des watsoniens est sauf, je l'espère.
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* Vous trouverez ça dans un article de Chris Redmond : "Nihilism, NKVD, and the Napoleon of Crime", Sherlock Holmes Journal 1966, 7, No. 4, pp. 104-107 repris dans The Best of the Sherlock Holmes Journal.
** (Vol. 23, No. 2, 1994, pp. 173-195) dans un article intitulé "Erotetic implications"
*** L'article de référence sur Lestrade reste celui de L. S. Holstein, "Inspector G. Lestrade", Baker Street Journal, 8, No. 2 (April 1958), pp. 78-84 repris dans l'excellent Sherlock Holmes by Gas-Lamp.
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Sat Apr 17, 2010 11:26 am

En quête de Sherlock Holmes

Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de lire cet excellent texte de Jean-François Sterell sur le dispositif en pâte-feuilletée du Canon et les multiples lectures qui y sont incluses, ne perdez plus une seconde : EN QUÊTE DE SHERLOCK HOLMES
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Thu Jul 22, 2010 5:27 pm

French 'Sherlockitis' : http://www.nijibox2.com/futabafiles/003/src/sp51431.pdf

Les Français sont des mordus de Sherlock Holmes (nous en savons quelque chose). Cela ne date pas d'aujourd'hui. En jetant un œil, un peu par hasard, sur la revue The Bookman, je suis tombé sur un petite chronique du plus grand intérêt (lien ci-dessus). Le numéro date de 1908-1909 et l'on y apprend que depuis peu, Sherlock Holmes remporte un véritable triomphe en France et que les Français font preuve d'un enthousiasme immodéré à son égard. Paris devient la scène d'une manie pour l'enquête, une 'Sherlockite' aiguë : chaque flâneur des boulevards se transforme en Sherlock et se plaît à appliquer la science de la déduction. Cette popularité n'est certes pas du goût de la Police Parisienne qui voit son inefficacité face au crime sans cesse comparée à son anti-thèse Holmésienne : Sherlock aurait trouvé la solution, le coupable, en une demi-journée, etc., etc. La presse s'est elle-même pris au jeu et s'est amusée, après que deux meurtres soient commis, à donner sa version des faits sous la forme d'interviews imaginaires avec le détective londonien.

On y apprend également que The adventure of the Missing Three Quarter pouvait être lue en français sous le titre quelque peu étrange de 'Le Champion qui Manque'.

Il y est aussi question du triomphe au Théâtre Antoine de Sherlock Holmes interprété par M. Gemier dans une version signée Pierre DeCourcelle d'après l'original de Doyle & Gillette.

Ce boom holmésien se situe à la fin de la première décennie du 20e siècle et coïncide avec les premières études d'holmésologie en français dont notamment la 'Psychologie de Vatson' (1909) d'E.Piff-Pouff (certainement un pseudonyme) qui sera amplement utilisée par Knox peu après. La bonne nouvelle c'est que la France est toujours amoureuse de Holmes et la preuve en est, vous l'aurez deviné, l'existence d'une certaine association.
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Sat Sep 04, 2010 9:17 am

Watson et la langue française

Watson parlait-il français ? Il y a de bonnes raisons de le croire.

1. Quand Holmes lui tend la lettre de François Le Villard (SIGN chap.1), ni une ni deux, Watson déchiffre tout de suite la signification de l'épître, pleine d'admiration et bourrée de 'magnifiques', 'coups-de-maîtres' et autres 'tours-de-force': c'est une lettre d'un disciple à son maître.

2. Watson lit dans le texte les œuvres des Psychologues Français (SIX, ca. 1900) et connaît sur le bout des doigts leur concept d''idée fixe' (Cf. Pierre Janet 1898: Névroses et idées fixes').

3. Watson a visité la France à plusieurs reprises: Lyon (REIG), Strasbourg (FINA), Montpellier (LADY), la Suisse francophone avec Lausanne (LADY), et Bruxelles en Belgique (FINA).

4. Il cite à la perfection les nombreux mots/expressions/proverbes français utilisés par Holmes. Ceux-ci ne sont jamais retranscrits hors de propos ou de manière inexacte. Watson les avait-il notés un par un dans ses carnets de notes ? On peut en douter.

Nous ne pouvons donc être qu'en désaccord avec Grazebrook, Studies in Sherlock Holmes,(ca. 1949), p.32, quand il écrit: "That Holmes's French was idiomatic we know from the Canon. Watson, almost illiterate himself, sprinkles his prose with French words wich he would only have picked up from Holmes."

Monsieur Watson n'est pas illettré, même pas à moitié.
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Max on Sat Sep 04, 2010 12:25 pm

I sat stolidly puffing at my pipe and skipping over the pages of Henri Murger's Vie de Bohème lit-on dans STUD

Sachant que l'édition anglaise du bouquin de Murger est postérieure à STUD, d'une part, et que d'autre part, que le titre anglais en est "The bohemians of the latin quarter", on peut raisonnablement penser que Watson lit Murger en VO.
Sujet déjà évoqué dans le topic "Musée SSHF à Saint-Sauvier" :!: :twisted:
Les miroirs et la procréation ont ceci d'abominable qu'ils multiplient le nombre des hommes !! (J-L Borges)
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Re: Disjecta Holmesiana

Postby Holmes & Yo-Yo on Sat Sep 04, 2010 12:55 pm

Merci Max pour ce rappel. On pourrait aussi mentionner que c'est Watson, et non Holmes, qui évoque Dupin (Poe) et Lecoq (Gaboriau), également dans STUD. Les récits de Gaboriau ont été traduits en 1881 en Angleterre (une traduction officielle avait paru à Boston en 1870) soit l'année même où se déroule l'action de STUD. Mais Watson avait-il vraiment besoin d'une traduction ?
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